Protection de la liaison entre batterie et onduleur en photovoltaïque
Protection de la liaison entre batterie et onduleur en photovoltaïque
Dans une installation photovoltaïque avec batterie, la liaison entre le parc batterie et l’onduleur concentre des intensités élevées, des contraintes de coupure spécifiques et des choix de protection qui ne peuvent pas être traités de manière approximative.
Le raisonnement ne consiste pas à choisir un seul appareil “gros calibre”, mais à lire correctement l’architecture, identifier les tronçons du circuit et dimensionner chaque liaison selon ses propres contraintes.
Dans les installations photovoltaïques avec stockage, la protection de la liaison entre batterie et onduleur ne se résume pas à une valeur de calibre. Elle dépend de la tension de travail, du type de batterie, du rôle du BMS, de la structure des liaisons DC, du courant réellement admissible par les câbles et de la logique de sectionnement retenue pour l’ensemble du système.
Avant toute chose : savoir sous quelle tension on travaille
C’est un point élémentaire, mais il conditionne tout le reste. Avant de raisonner protection, coupure ou section de câble, il faut identifier la tension réelle de travail du système batterie. Une architecture en 48 V ne se traite pas de la même manière qu’un système haute tension, car les intensités en jeu, les appareils de coupure et les contraintes de câblage ne sont pas les mêmes.
Autrement dit, la première question n’est pas uniquement “combien de kW ?”, mais aussi “à quelle tension le système fonctionne-t-il ?”.
Référentiel technique : XP C 15-712-3 version 2019 et logique d’installation
En France, les installations photovoltaïques avec stockage raccordées au réseau s’appuient notamment sur la XP C 15-712-3 dans sa version de mai 2019, qui remplace la version 2016. Ce référentiel structure la lecture technique du circuit batterie, de la coupure DC et de l’organisation du bus continu dans les installations photovoltaïques avec stockage.
La XP C 15-712-3 prévoit un dispositif de coupure sur le circuit batterie, reconnaissable et rapidement accessible. Elle admet plusieurs dispositifs en cas de plusieurs batteries, prévoit pour l’intervention des secours une coupure omnipolaire et simultanée, et indique que la coupure batterie doit être implantée au plus près de celle-ci.
Elle précise également que la protection contre les surintensités des conducteurs DC doit être positionnée au plus près de la source ou du bus DC selon l’architecture retenue, et tenir compte du courant de fonctionnement du convertisseur ainsi que du courant de court-circuit potentiel de la batterie.
L’arrêté du 3 août 2016 renvoie par ailleurs aux normes NF C 15-100 et NF C 14-100 pour la présomption de conformité des installations électriques des bâtiments d’habitation.
Architecture cible de la liaison batterie-onduleur
Dans une installation propre et lisible, la liaison entre batterie et onduleur doit permettre de distinguer clairement la source batterie, la fonction de coupure/protection, le point de distribution DC et le départ vers l’onduleur.
Cette structure permet de lire correctement les fonctions de chaque organe et d’éviter une erreur fréquente : vouloir appliquer une seule logique de dimensionnement à toute la liaison, alors que plusieurs tronçons coexistent.
Sectionnement et protection surintensité : deux fonctions à bien distinguer
Dans un circuit batterie, la coupure et la protection contre les surintensités ne sont pas exactement la même fonction. Selon les appareils retenus, elles peuvent être réunies dans un même ensemble ou traitées par des organes distincts. Dans tous les cas, elles doivent rester lisibles sur le schéma et cohérentes avec la tension et le courant réellement présents sur le circuit.
| Fonction | Rôle réel | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Sectionnement / coupure | Permettre l’isolement du circuit batterie pour maintenance, intervention ou procédure d’urgence | Accessibilité, repérage clair, aptitude réelle au DC, coupure omnipolaire, tension admissible |
| Protection surintensité | Protéger les conducteurs et limiter les conséquences d’un défaut | Calibre cohérent avec les câbles, positionnement logique selon l’architecture, pouvoir de coupure adapté |
| Busbar DC | Créer un point de distribution propre entre la source batterie et les départs | Dimensionnement du jeu de barres, intensité admissible, homogénéité des liaisons raccordées |
Dimensionnement réel : puissance onduleur, tension batterie et courant admissible
Dans un système avec stockage, la cohérence entre batterie et onduleur est centrale. Un onduleur hybride de forte puissance peut demander un courant batterie élevé, alors que la batterie possède non seulement une capacité énergétique en kWh, mais aussi une limite de courant en charge et en décharge.
Cette limite dépend du constructeur, du BMS, du firmware, du nombre de modules en parallèle et parfois du mode de communication entre batterie et onduleur. Elle doit être lue en même temps que le courant admissible des câbles fournis ou recommandés avec la batterie, et replacée dans la tension réelle du système.
C’est précisément pour cette raison qu’un système à fort appel de courant côté onduleur doit être analysé au niveau du parc batterie, de la tension du système, des câbles et des différents tronçons du départ DC, et non seulement au niveau de la puissance affichée par le convertisseur.
Dans certains cas, il peut être nécessaire de limiter le courant de charge ou de décharge via le paramétrage de l’onduleur ou du BMS, selon les capacités réelles du parc batterie.
Une seule protection ou plusieurs protections distinctes ?
La réponse dépend de l’architecture réelle. Une protection unique peut être cohérente lorsqu’un tronçon reste homogène en tension, en intensité admissible et en section de câble. En revanche, dès que plusieurs tronçons présentent des contraintes différentes, chacun doit être dimensionné et protégé selon ses propres caractéristiques.
Le choix du calibre ne doit jamais dépasser le courant admissible du conducteur le plus contraignant du tronçon concerné.
| Cas de figure | Lecture correcte | Conséquence sur la protection |
|---|---|---|
| Tronçon homogène | Même tension, mêmes sections, intensités compatibles, organisation claire autour d’une même liaison | Une protection adaptée à ce tronçon peut être cohérente |
| Tronçons non homogènes | Contraintes différentes selon la batterie, le busbar et l’onduleur | Il faut raisonner chaque tronçon séparément et adapter protection, câble et organe de coupure à chacun d’eux |
Parc batterie rackable ou batteries en parallèle : deux architectures à distinguer
Un parc batterie peut être constitué de modules rackables intégrés dans une baie avec départ commun constructeur, ou de plusieurs batteries en parallèle avec liaisons distinctes. Cette distinction impacte directement la logique de protection et de sectionnement du circuit batterie.
Batteries rackables à départ commun
Dans ce cas, le système batterie peut être traité comme une source unique modulaire. La protection principale peut être placée sur le départ global, à condition que cette architecture soit bien prévue par le constructeur et cohérente avec le BMS, les liaisons internes et la documentation du système.
Plusieurs batteries en parallèle avec liaisons distinctes
Lorsque chaque batterie ou chaque branche existe physiquement comme une liaison autonome, il devient nécessaire de raisonner la protection au plus près de chaque batterie ou de chaque branche, selon les sections de câbles et les intensités réellement possibles sur chacune d’elles.
Quels appareils retenir côté AVEL HEOL
Dans la pratique, le besoin porte à la fois sur le sectionnement et sur la protection contre les surintensités. Chez AVEL HEOL, nous privilégions des solutions lisibles et éprouvées, adaptées au courant continu et à la logique de maintenance de l’installation :
- Disjoncteurs courant continu adaptés à la tension et au courant du système, assurant à la fois la protection contre les surintensités et la coupure du circuit
- Sectionneurs en charge associés à des fusibles NH, combinant une fonction de coupure et une protection par fusible, solution couramment retenue pour des courants élevés
- Dans les deux cas, la coupure du circuit batterie doit être réalisée en omnipolaire, généralement en bipolaire en 48 V
Exemple volontaire : onduleur 12 kVA avec batterie 10 kWh et dimensionnement par tronçon
Pour rendre le sujet concret, prenons un cas volontairement contraint : un onduleur hybride 12 kVA, susceptible d’imposer côté départ onduleur une logique de protection de l’ordre de 250 à 315 A, associé à une batterie 10 kWh dont le courant nominal admissible est de 200 A.
Dans cette configuration, il ne faut surtout pas lire l’ensemble comme un seul tronçon. Le départ batterie vers le busbar et le départ busbar vers l’onduleur n’ont pas les mêmes contraintes, donc pas la même logique de dimensionnement.
En revanche, le tronçon entre le busbar et l’onduleur peut être dimensionné sur une logique différente, par exemple 250 à 315 A, à condition que les câbles, l’organe de coupure et la protection associés soient adaptés à cette intensité et à la tension du système.
Cela signifie qu’une protection à 315 A peut être cohérente sur le départ busbar → onduleur, tout en restant incohérente sur le départ batterie → busbar si la batterie et ses câbles ne permettent que 200 A. C’est précisément pour cette raison qu’une lecture globale du système ne suffit pas : il faut raisonner par tronçon.
À l’inverse, limiter tout le système à la seule valeur du départ batterie conduirait à ne plus lire correctement la liaison busbar → onduleur. La cohérence repose donc sur une séparation claire des fonctions, des sections de câbles et des intensités admissibles.
Pourquoi cette approche est importante pour les kits avec batterie
Dès qu’un projet intègre du stockage, la question ne porte plus seulement sur la production photovoltaïque. Il faut raisonner l’ensemble : tension batterie, compatibilité BMS, courant réellement disponible, architecture du busbar, onduleur, secours éventuel et protections.
C’est pour cette raison qu’AVEL HEOL privilégie une approche système et non une approche “produit isolé”. Lorsqu’un client recherche un ensemble cohérent, l’accompagnement consiste à relier le choix du kit, les usages visés, les contraintes du tableau secouru, le référentiel technique applicable et les limites réelles côté batterie.
Accompagnement AVEL HEOL :
Nous accompagnons les projets de kits solaires avec batterie en intégrant :
- cohérence batterie / onduleur
- tension de travail du système
- dimensionnement du busbar et des liaisons DC
- choix des protections par tronçon
- compatibilités BMS et protocoles
- logique de secours et architecture globale
Sur les systèmes avec stockage, l’objectif n’est pas seulement d’assembler des composants compatibles sur le papier, mais de construire un ensemble cohérent, lisible et techniquement défendable.
FAQ – Protection de la liaison entre batterie et onduleur
Pourquoi faut-il d’abord connaître la tension du système batterie ?
Parce que la tension détermine directement les intensités en jeu, le choix des appareils de coupure, les sections de câbles et le niveau de contrainte sur la liaison batterie-onduleur.
La XP C 15-712-3 version à retenir est-elle bien celle de 2019 ?
Oui. Pour le sujet traité ici, la référence utile est la version de mai 2019, qui remplace la version 2016.
La norme demande-t-elle une coupure batterie au plus près ?
Oui, le raisonnement technique présenté par le référentiel conduit à prévoir un dispositif de coupure reconnaissable, rapidement accessible et implanté au plus près de la batterie.
Peut-on avoir plusieurs dispositifs de coupure lorsqu’il y a plusieurs batteries ?
Oui, cette possibilité existe lorsque l’architecture comporte plusieurs batteries ou plusieurs branches distinctes. La logique dépend ensuite de la façon dont le parc est structuré.
Une seule protection suffit-elle toujours sur la liaison batterie-onduleur ?
Non. Dès que plusieurs tronçons présentent des contraintes différentes, il faut adapter la protection à chacun d’eux. Une seule logique de calibre ne suffit pas à couvrir correctement toute l’architecture.
Pourquoi l’exemple 12 kVA / batterie 10 kWh est-il intéressant ?
Parce qu’il montre qu’un départ batterie peut être limité par la batterie et ses câbles, tandis que le départ busbar vers onduleur peut demander une intensité supérieure. C’est un cas typique où il faut raisonner par tronçon.
Besoin d’une architecture cohérente pour votre installation photovoltaïque avec batterie ?
Kits dimensionnés ou accompagnement technique selon votre configuration.