Compensation des phases en triphasé avec un onduleur DEYE
Comprendre la gestion asymétrique et l’entrée GEN des onduleurs triphasés DEYE
Introduction
Les installations photovoltaïques évoluent rapidement avec l’essor des onduleurs hybrides triphasés. Ces équipements offrent des fonctionnalités avancées comme la gestion asymétrique des phases et la connexion à une source de secours via l’entrée GEN. Pourtant, leur fonctionnement est parfois mal compris : comment se gère réellement un déséquilibre de phase ? Le compteur Linky compense-t-il ? L’entrée GEN peut-elle maintenir un onduleur réseau externe en fonctionnement lors d’une coupure ? Cet article fait le point.
1. Gestion asymétrique des onduleurs triphasés DEYE
Comment ça marche ?
Un onduleur triphasé DEYE dispose d’un bus DC commun alimenté par les panneaux solaires et/ou la batterie. Ce bus alimente trois étages AC indépendants (L1, L2, L3), chacun pouvant être piloté séparément. Résultat : l’onduleur peut injecter une puissance différente sur chaque phase selon les besoins détectés.
Exemple : avec 3 kW de production, il peut envoyer 2 kW sur L1, 500 W sur L2 et 500 W sur L3.
Rôle des pinces de mesure (CT1, CT2, CT3)
Les pinces ampèremétriques installées au point de connexion réseau mesurent en temps réel l’import/export de chaque phase. Ces données permettent à l’onduleur d’ajuster en continu son injection pour compenser au mieux la consommation locale.
Limites de la compensation
La gestion asymétrique n’est pas illimitée :
Puissance totale : limitée par la puissance nominale de l’onduleur (ex. 12 kW pour un modèle SUN-12K-SG04LP3).
Puissance par phase : un onduleur Deye peut généralement fournir jusqu’à 50 % de sa puissance totale sur une seule phase (soit 6 kW sur une phase pour un 12 kW).
2. Déséquilibre de phase et compteur Linky
Calcul du Linky
Le compteur Linky ne redistribue pas physiquement l’énergie entre phases, mais il effectue une somme algébrique vectorielle des puissances actives sur L1, L2 et L3. Ainsi :
Si L1 exporte +800 W et L2 importe –800 W → le compteur affiche 0 W net.
Important à retenir
Le Linky ne compense pas physiquement entre phases. Le surplus de L1 part vers le réseau, et le déficit de L2 est comblé par le réseau.
La compensation est arithmétique : seule la facture reflète ce solde global.
3. L’entrée GEN des onduleurs DEYE
Son rôle
L’entrée GEN est prévue pour raccorder un groupe électrogène ou une source AC externe. Elle permet :
d’alimenter directement les charges,
de recharger les batteries,
de fournir une référence 50 Hz pour maintenir la synchronisation de l’onduleur.
Ce GEN fait
L’onduleur DEYE génère un signal en Frequency Shift sur GEN pour piloter en AC Coupling
Un onduleur réseau connecté sur GEN sera stimulé en cas de coupure réseau.
La puissance PV installée sur GEN doit être < à la puissance nominale de l'onduleur installé côté port GEN.
Conclusion
Les onduleurs triphasés DEYE offrent une gestion avancée du déséquilibre de phase grâce à leur architecture DC/AC indépendante par phase et aux mesures en temps réel des CT. Le compteur Linky, lui, n’assure qu’une compensation arithmétique et non physique. Quant à l’entrée GEN, elle peut maintenir un onduleur réseau en fonctionnement lors d’une coupure mais ce n'est pas son rôle puisque l'onduleur dispose d'une sortie secourue.
Résumé et précisions :
Pour les DEYE hybrides triphasés :
En fonctionnement connecté réseau (mode on-grid, sortie "Grid")
Oui, ils sont soumis aux mêmes normes (EN 50549-1, VDE-AR-N 4105, etc.) → obligation d’injection symétrique par rapport à la puissance totale.
MAIS la particularité de DEYE est que leur contrôleur interne (avec les CT1, CT2, CT3) permet de limiter l’injection par phase pour coller à la consommation locale.
Résultat : côté réseau, l’injection nette reste équilibrée comme l’impose la norme, mais côté maison, la compensation peut paraître « asymétrique » car l’onduleur injecte en priorité là où il détecte de la charge.
C’est une optimisation logicielle permise tant que les seuils de déséquilibre normatif ne sont pas dépassés.
En mode back-up (sortie EPS/Back-up)
Ici, il n’y a plus de lien avec le réseau → donc plus de contrainte normative.
L’onduleur peut travailler pleinement en asymétrique, chaque phase recevant exactement la puissance dont elle a besoin (dans la limite de l’étage AC).
C’est comparable à ce que fait Fronius en mode Full Backup.
En résumé :
Connecté au réseau → injection symétrique obligatoire vis-à-vis du réseau, mais gestion « pseudo-asymétrique » en interne grâce aux CT.
En mode back-up → liberté totale d’asymétrie, pilotage direct par phase depuis le bus DC.
Ce qui explique la confusion : côté utilisateur, on voit que « DEYE compense les phases », mais en réalité, la partie « symétrique vis-à-vis du réseau » reste bien respectée